Dans sa déclaration officielle à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU le 22 septembre, António Guterres a alerté contre le « spectre de l’épuration ethnique » en Cisjordanie. Le secrétaire général a ajouté, sous les applaudissements de la salle : « Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux ». Et personne n’ignore la responsabilité d’Israël et des États-Unis dans la brutalisation du monde et dans les violations flagrantes du droit international.
Les attaques meurtrières israéliennes contre l’ONU elle-même sont sans précédent dans l’histoire de l’organisation. De même la décision de l’administration américaine de refuser pour la deuxième année consécutive les visas d’entrée à la délégation palestinienne pour participer à l’Assemblée générale représente aussi une violation flagrante des accords internationaux relatifs à l’ONU. En réaction, 152 pays ont voté en faveur d’une résolution rejetant l’exclusion de la délégation palestinienne. Au moment où Netanyahou, sous mandat d’arrêt international, a pris la parole, de nombreuses délégations ont quitté la salle.
A Gaza le génocide et la déshumanisation restent le quotidien des habitants. Tous les échanges qu’a le CPJPO avec ses partenaires palestiniens témoignent du stress extrême et permanent subi également par les habitants de Cisjordanie. L’objectif de l’occupant est clair : rendre la vie des Palestiniens invivable pour forcer leur exode. Face à cette violence brute, le CPJPO maintient son aide. Via le projet Not to Forget, nous soutenons 80 familles qui ont dû, comme tant d’autres, abandonner le camp de réfugiés de Jénine.
La décision récente du gouvernement luxembourgeois de ne pas renouveler l’approbation des prospectus nécessaires à la commercialisation des Israel Bonds dans l’Union européenne est une victoire majeure pour la société civile et les défenseurs des droits humains. Les mobilisations citoyennes en Irlande et au Luxembourg (portées notamment par Amnesty International et le CPJPO) ont porté leurs fruits : depuis le 1er septembre, Israël ne peut plus vendre ces obligations, qui participent directement au financement de la colonisation et des violences à Gaza.
Toutefois, nous regrettons l’absence du Luxembourg parmi les 12 États, la plupart membres de l’UE, qui ont choisi de sanctionner les produits issus des colonies en Palestine occupée. Ce manque d’action concret tranche singulièrement avec les déclarations de fermeté du ministre des Affaires étrangères dans les médias locaux, alors que seules des pressions urgentes ne pourront arrêter le démembrement de la Palestine et du droit international.